Friday, August 18, 2006

Zakiya Sekkate, PDG d'Oxyplast

Précurseur au féminin

Il y a seize ans, cette chef d’entreprise misait déjà sur Tanger.

« Aujourd'hui, un industriel peut arriver avec ses machines, trouver un terrain aménagé et commencer à travailler. Il m'a fallu trois ans de démarches et de travaux pour entrer en production. » Zakiya Sekkate ne tarit pas d'éloges sur Tanger, où elle s'est installée voilà plus de seize ans. Née à Fès dans une famille bourgeoise de neuf enfants, formée en Belgique et en France, cette ingénieur en pétrochimie a monté de toutes pièces une usine de fabrication de peinture en poudre, un revêtement de haute technologie utilisé pour l'électroménager, les pipelines et les gazoducs, le fer à béton et le mobilier en métal. « J'ai choisi Tanger pour son port international, à 15 kilomètres de l'Europe. Sa situation géographique permet de desservir les principales villes du Maroc en moins de douze heures. Avec l'autoroute, il est possible de livrer les clients dès qu'ils expriment leur demande. Le port Tanger-Méditerranée nous ouvre d'autres horizons... »

La quarantaine énergique, Zakiya Sekkate emploie cinquante personnes et exporte en Algérie et en Tunisie. En association avec ses trois frères, tous ingénieurs, elle investit dans une deuxième usine au Qatar - « petit pays qui représente à lui seul la consommation de tout le Maghreb ! » - et à Mohammedia, entre Casablanca et Rabat, dans une nouvelle niche de l'industrie chimique complémentaire aux peintures en poudre. Zakiya Sekkate, l'une des seules femmes dans l'industrie à Tanger, est convaincue que l'entreprise n'est pas le lieu où doit se livrer le débat homme/femme : « Je ne me suis jamais sentie victime de discrimination sexuelle. J'ai dû avancer au coude à coude pour me faire une place, en jouant de ma force de conviction. J'ai eu les mêmes difficultés que n'importe quel investisseur. J'ai subi les exigences des banques tant que je constituais un risque, mais depuis que je génère des revenus, c'est moi qui pose les conditions. »

Militante assidue de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), le patronat marocain, elle a refusé de rejoindre l'Association des femmes chefs d'entreprise du Maroc (Afem) au moment de sa création. « La vraie question porte sur les compétences, pas sur les quotas. Mon combat, c'est la formation et la mise à niveau pour le développement du Maroc à l'international. »



Saïd, Leïla, « Précurseur au féminin », Jeune Afrique l’Intelligent, N°2376, 23-29 juillet 2006, p.45

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